Tremplin 2016 – Suite

Cet article est le deuxième d’une série mettant en vedette les cinq joaillières de la relève qui participent au prochain Salon des métiers d’art de Montréal (SMAQ) qui débute le 8 décembre prochain. Après avoir abordé leur parcours professionnel et leur démarche artistique dans le premier article, elles ont échangé sur la création de leur collection présentée au SMAQ et proposent quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient participer à la prochaine cohorte de Tremplin.

Quelles sont vos sources d’inspiration de la collection présentée au SMAQ?

Jade Pauzé : Cette collection est un hommage au métal. Les côtés des pièces sont droits, réguliers et polis. Les centres sont texturés par un processus de réticulation d’où le nom de la collection : rētic. Deux éléments visuels, une seule matière échantillon des possibilités du métal.

Jade Pauzé

Brigitte Côté : Je me suis, en partie, inspirée de mon projet de fin d’études et des pièces que j’ai réalisées lors de ma formation. J’ai pris les éléments que j’aimais des pièces uniques que j’avais confectionnées, tout en les actualisant à la femme et à la joaillière que je suis présentement et en les intégrant dans un contexte de production, j’en suis venue à créer les collections que je vais présenter au SMAQ.

Stéphanie Thibault : Trois collections seront présentées au SMAQ : Panache, inspirée des courbes d’un chariot de bois présenté au Musée des beaux-arts de Montréal; Vertige 2.0, issue d’expérimentations en fold-forming; et Trinity, composée de nœuds et d’entrelacs.

Caroline Rivière : Contrairement à mes pièces uniques qui sont largement inspirées de la vie marine, la principale collection que je vais présenter au SMAQ est inspirée des formes que l’on retrouve dans les mandalas géométriques.

Caroline Rivière

Valérie Brunelle : Mes grandes sources d’inspiration résident dans l’œuvre des joaillères américaines Arline Fisch et Mary Lee Hu. J’ai également été grandement inspirée par l’artiste joaillière danoise Hanne Behrens. Puis j’ai retrouvé une belle énergie créatrice lors me mon voyage en Sardaigne, où j’ai découvert les bijoux traditionnels faits en filigrane.

 

Avez-vous rencontré des défis pour créer votre collection?

Caroline Rivière : Comme dans toutes créations de petites séries, le principal défi a été de trouver des solutions efficaces et rapides de production, afin de pouvoir offrir à la clientèle du SMAQ une collection qui répond à ses attentes tant au niveau de la qualité que du prix.

Brigitte Côté : C’est vrai que d’adapter mes pièces, mes techniques et mes pensées pour la production du SMAQ ont été tout un défi pour moi. J’ai davantage été conditionnée à la création de pièces unique, alors, lorsque j’ai planifié la production de ma nouvelle collection pour l’évènement, j’étais toujours en mode confection de pièces uniques. Je me suis bien vite rendu compte que la fabrication de bijoux en de multiples exemplaires mérite et exige une planification technique bien singulière. Donc, j’ai dû revoir tous mes prototypes et ma planification technique, afin que ma collection soit non seulement réalisable et belle, mais qu’elle soit aussi économique en temps et en matériaux.

Valérie Brunelle : À part les innombrables défis techniques que m’imposent la construction de mes pièces en fil crocheté et tricoté, mon principal défi était de savoir si j’allais fabriquer des bijoux seulement dans l’optique de l’offre et la demande et du chiffre d’affaires ou si j’allais écouter mon cœur et faire naître mes créations sans faire une montagne d’équations. J’ai plutôt opté pour cette dernière avenue.

Valérie Brunelle

Jade Pauzé : Le plus grand des défis pour moi c’est la gestion. C’est aussi ce sur quoi je me suis le plus améliorée et ce dont je suis le plus fière.

Brigitte Côté : La gestion des imprévus et la gestion du temps ont, sans doute, été mes pires obstacles durant la production de mes pièces. Malgré une bonne organisation et planification, des fois un problème technique ou un contretemps nous oblige à tout revoir. Alors, l’équilibre entre s’adapter aux imprévus de la production et à la fois rester organisée et planifiée, c’est plus compliqué à atteindre que ce que j’aurai imaginé.

 

Quel conseil donneriez-vous à un joaillier qui souhaite participer au SMAQ pour la première fois?

Brigitte Côté : Profitez-en! Participer au SMAQ c’est gros, d’autant plus pour une première fois, et malgré toute l’implication en temps, d’argent, les hauts et les bas de la production, cela reste une magnifique et enrichissante expérience. Profitez de votre première expérience sans vous mettre de pression ni d’objectifs trop élevés : le SMAQ est un excellent laboratoire pour tester une multitude de choses et pour prendre de l’expérience autant au niveau de la planification d’une nouvelle collection que dans votre approche de vente. Prenez votre temps pour penser et créer soigneusement vos collections, afin de vous assurer que vous allez produire des pièces qui vous ressemblent, que vous allez aimer et vendre fièrement.

Brigitte Côté

Caroline Rivière : De commencer sa production le plus tôt possible dans l’année !

Jade Pauzé : Acceptez que ce soit une aventure où vous allez prendre des risques et investir beaucoup en temps et en argent. Organisez une stratégie de production et recommencez les prototypes jusqu’à ce qu’ils soient beaux et confortables. Trouvez des trucs pour rendre la production de plus en plus efficace et pensez aux détails au moment d’établir les prix, entre autre en calculant les frais d’atelier à l’heure, l’emballage, etc.)

Stéphanie Thibault : Concentrez-vous sur un nombre restreint de collections, tout en vous y prenant à l’avance, sans négliger le côté marketing et la présentation. Assurez-vous d’avoir suffisamment de temps pour présenter des pièces bien pensées et bien réalisées.

Stéphanie Thibault

Valérie Brunelle : Soyez bien préparé, car la compétition est grande et l’offre est vaste. Je vous suggère de proposer au public les pièces que vous affectionnez le plus et qui sont les mieux réussies, car c’est votre enthousiasme qui fait vraiment la différence. Et surtout, prenez toutes les formations proposées par le Conseil des métiers d’art, qui sont absolument indispensables.

Brigitte Côté : Visitez attentivement les kiosques du SMAQ, ou, encore mieux, travaillez pour un artiste qui y expose. Cela va définitivement vous être utile tout long du cheminement qui vous mènera à présenter vos pièces. En travaillant au SMAQ, vous découvrez la clientèle que ce salon attire et le type de production offert par les artisans. Ces connaissances ne peuvent qu’être bénéfiques pour votre participation.