Obtenir une bourse, troisième partie

Nancy Bertrand a étudié en travail social et en arts plastiques, avant de se lancer en joaillerie. L’offre de Nancy se distingue par la conception et la fabrication de bijoux de deuil; des bijoux cinéraires, des reliquaires ou des bijoux commémoratifs. Pour l’aider à concrétiser son projet, Nancy a fait appel au SAJE, l’organisme qui accompagne les jeunes entrepreneurs montréalais et qui est mandaté par Emploi-Québec pour offrir la mesure STA (soutien au travail autonome).

Comment avez-vous entendu parler du programme STA?

J’en avais entendu parler ici et là, à travers les branches, depuis le début de mes études en Joaillerie en 2009. Je savais que certaines diplômées en joaillerie avaient été sur ce programme d’Emploi-Québec. Puis à la mi-octobre 2013, j’ai décidé de commencer les démarches pour y aboutir car j’étais à la croisée des chemins; soit je me trouvais un emploi à plein temps, soit j’investissais mes économies pour le démarrage de mon entreprise.  Ainsi, j’ai assisté à une session d’information obligatoire concernant le STA, auprès du SAJE accompagnateur d’entrepreneurs, en octobre 2013.

Est-ce que les démarches ont été ardues?

Oui et non!

Non car la procédure est assez claire. Lors de la session d’information, le SAJE m’a remis une marche à suivre pour me qualifier à la mesure STA. Par contre, à chaque étape il y a des risques de ne pas être retenu. Et ceci est assez stressant vu l’investissement de temps nécessaire  pour effectuer les démarches.

Oui, car étant donné qu’ils ne font pas de cas par cas, j’ai dû m’arranger pour « fitter » dans leurs petites cases! Le chemin fut long et fastidieux! En plus, ma porte d’entrée pour être admissible fut de devenir prestataire d’une aide financière de dernier recours (anciennement le B.S). Ma première demande fut rejetée et ceci a rallongé le processus d’un mois. J’ai dû changer le statut de mes économies (de CELI à REER) pour pouvoir refaire une demande et enfin être acceptée! Puis, j’ai rencontré un agent du CLE (Centre Local d’Emploi). À la lumière de cette rencontre, il faut obtenir une fiche de suivi si l’on est retenu. Ensuite, vient une rencontre avec un conseiller du SAJE qui nous aide à préparer notre présentation devant le comité de sélection. Ce comité est composé de plusieurs personnes dont des gens d’affaires, des représentants d’Emploi-Québec et de notre conseiller. Ouf! Je vous jure, c’est stressant! À cette étape, on doit donc avoir une ébauche de notre projet.

Puis il faut être conscient qu’une fois sur la mesure STA, il faut atteindre des objectifs de viabilité et de rentabilité pour demeurer sur le programme. Durant l’année d’aide, il est possible d’être coupé à au moins 3 reprises. Et c’est sans compter l’investissement en temps pour les travaux et les présences aux cours. Dès la 3e absence, on peut nous dire Bye Bye!

Avez-vous des conseils à donner à quelqu’un qui voudrait appliquer à ce programme?

En ce qui concerne la joaillerie, il faut s’assurer d’avoir une « twist » particulière car Emploi-Québec a une liste de secteurs et de projets exclus et non-priorisés, dont la « Fabrication de bijoux ». Le projet doit donc se démarquer par un niveau d’originalité et de créativité ainsi qu’un positionnement stratégique distinctif. De plus, certaines exclusions ne concernent que Montréal. Il est très important de contacter le CLD (Centre Local de Développement) ou le CDEC (Corporation de Développement Économique Communautaire) de son arrondissement pour connaître la marche à suivre concernant le programme STA.

Il faut aussi être à son affaire, sérieux dans ses démarches et avoir un profil d’entrepreneur. Sinon, vous allez en baver! Cette aide financière et technique, il faut la mériter!

Quels sont vos objectifs, comment comptez-vous utiliser l’aide offerte?

La suite des choses… excellente question! Je suis sur la mesure STA depuis le mois de mai 2014. Je vois que j’ai cheminé énormément depuis. Je suis plus outillée pour gérer mon entreprise et j’ai confirmé mon potentiel d’entrepreneure.

Par contre, j’ai aussi réalisé que démarrer son entreprise doit être vu plus comme un marathon qu’un sprint! Je croyais sincèrement que durant cette année d’aide, je serais en « business » et complètement établie. Mais j’accepte maintenant la lenteur du développement de mes affaires. Comme on dit : lentement mais sûrement!

Alors mon objectif principal est de continuer à faire mon chemin, en saisissant les opportunités qui se présentent comme assister d’autres joailliers dans leur production ou encore faire aussi  des bijoux de « joaillerie générale ». Ainsi, je ne veux pas me concentrer uniquement sur les bijoux de deuil, mais plutôt sur ma carrière de joaillière en général. C’est pourquoi ma série limitée de bijoux de deuil est un peu « sur la glace ». En attendant, je réalise plutôt des pièces cinéraires uniques et je concentre mes efforts sur le développement général de mon entreprise. Il ne faut pas oublier qu’être à son compte, c’est porter tous les chapeaux. Et j’en ai toute une collection!

C’est pourquoi mes cours en lancement d’entreprise et en vente-conseil m’aident concrètement par exemple, à boucler des demandes de subvention comme celle que j’ai faite à la SODEC (Société de Développement des Entreprises Culturelles) en octobre 2014. Avec cette subvention, je veux aménager et équiper mon atelier de production plutôt que louer un banc ou un atelier à l’extérieur. De plus, mon plan d’affaires étant rédigé, j’ai un excellent outil pour participer à des concours en entreprenariat ou encore pour demander du financement.

collier nancy

SOUTIEN AU TRAVAIL AUTONOME
Aide financière : allocation hebdomadaire équivalente au salaire minimum, pour une durée d’un an.
Formation en lancement d’entreprise sur plusieurs semaines et aide à la réalisation du plan d’affaires.

Objectif: Offrir un soutien financier et technique aux personnes désirant créer ou acquérir une micro-entreprise ou devenir travailleur autonome afin de favoriser la création d’emplois durables dans la région.

Elle vise donc à : Soutenir les individus qui ont un projet viable d’entreprise dans la mise en œuvre de leur projet;
Favoriser la création d’emplois par la création d’entreprises;

Offrir aux individus la possibilité de consolider leur activité d’entreprise ou de travailleur autonome pour qu’ils acquièrent leur autonomie financière;
Diversifier les économies locales dans un contexte de développement économique stratégique;
Aider les individus à retrouver leur autonomie financière.

Sources : http://emploiquebec.gouv.qc.ca/citoyens/demarrer-son-entreprise/soutien-au-travail-autonome/

Photo: Collier cinéraire réversible « Pas à pas »