Que sont devenus les diplômés de 2014?

Après le diplôme, les étudiants au DEC Techniques en métiers d’art – option joaillerie volent de leurs propres ailes. Si certains changent de voie, se spécialisent dans une branche précise du domaine de la joaillerie, d’autres deviennent joailliers indépendants ou salariés, ou bien enseignants. Nous avons parlé avec six des diplômés de la cohorte 2014 pour en savoir plus sur leur parcours artistique et professionnel après l’ÉJM.

 

 

 

 

 

                          Dimitri Gagnon Morris et Éloïse Boily-Thibeault dans leurs ateliers; Lauriane Lognay dans sa boutique Rippana.

Après le DEC, quel a été votre cheminement?

Dimitri Gagnon Morris : Après la fin du DEC, ma transition vers le métier de joaillier à temps plein s’est fait graduellement, au cours d’une période d’environ deux ans et demi. Aujourd’hui, j’envisage de faire croître mon entreprise sur le plan national et international, et pour ce faire j’ai approfondi mes compétences en ventes, marketing et distribution. Je travaillais déjà à mon propre compte dans le domaine du dessin animé et des arts médiatiques depuis plusieurs années avant mes études en joaillerie, et j’ai continué d’accepter des contrats dans ce domaine jusqu’en 2016. J’ai aussi fait plusieurs jobs à temps partiel en joaillerie : j’ai été assistant à l’EJM les jeudis soirs pour quelques sessions; j’ai assisté un ami joaillier, Himo Martin; j’ai travaillé comme apprenti-sertisseur quelques mois chez Graduor; et j’ai travaillé chez Flamme en Rose une bonne partie de l’année 2016.

Éloïse Boily-Thibeault : Pendant mes études, j’ai travaillé pour une entreprise nommée « Ogilvy Joaillerie ». C’est là où j’ai appris la réalité du domaine. D’abord, j’ai appris comment gérer des clients exigeants, mais surtout, comment travailler dans un atelier de réparation et de fabrication. De plus, j’ai eu un mentor exceptionnel qui m’a donné des connaissances indispensables au métier. Je me suis découvert des aptitudes et des habiletés à gérer une entreprise. Peu de temps après, je me suis lancée, j’ai développé ma propre entreprise. Après l’École de joaillerie de Montréal, j’ai travaillé pour une petite bijouterie privée « Le coffret ». À cet endroit, j’ai eu la chance de travailler comme gestionnaire de l’entreprise.

Lauriane Lognay : En première année de joaillerie, en 2012, j’ai crée Rippana, une compagnie de bijoux faits sur mesure. Dès l’obtention de mon diplôme en 2014, j’ai entrepris un voyage de gemmologie en Birmanie pour parfaire mes connaissances sur les pierres et commencer des collections. Ce voyage m’a ouvert les yeux sur une nouvelle branche magnifique de la joaillerie : les gemmes.

Samuel Gélinas Lemay: Environ trois mois après la fin de mon DEC à l’École de joaillerie de Montréal, j’ai été engagé par SR2 Technologies, une entreprise familiale actuellement gérée par Stephan Raby. Dans l’atelier, nous créons notamment des accessoires pour les productions cinématographiques, pour le domaine culturel, des reproductions d’objets d’antiquité ainsi que des bijoux. Je me spécialise dans la finition : travail au banc, polissage et soudure pour des productions de masse ou individuelles.

Valérie Kabis : Après le DEC, j’ai travaillé chez Ormex, le fournisseur de métaux bien connu de tous, ce qui m’a permis de me faire un bon nombre de contacts dans le milieu. En 2015, j’ai participé à Tremplin, le kiosque de l’ÉJM au Salon des métiers d’art de Montréal. Et j’ai été exposée comme finaliste des Niche Awards à Washington. À l’automne suivant l’obtention de mon diplôme, je suis devenue assistante au Centre des arts visuels de Westmount. Par la suite, j’ai été l’assistante de trois professeurs à l’ÉJM. Suite à ces belles expériences comme assistante, j’ai décidé d’entreprendre un baccalauréat en enseignement professionnel et technique. L’été passé, j’ai enseigné deux sessions au Centre des arts visuels de Westmount. Depuis ce temps, j’effectue un remplacement au DEP en bijouterie-joaillerie à l’École des métiers du Sud-Ouest-de-Montréal.

Michelle Kemp : Depuis mon diplôme à l’École de joaillerie de Montréal, j’occupe un poste d’assistance à la production dans une entreprise de bijoux de mode. Cela m’a permis de prendre le temps de voyager. Ensuite, la vie m’a amenée à faire un petit retour aux études en sciences pour me confirmer que la joaillerie était bel et bien ma passion!

 

Michelle Kemp, Valérie Kabis et Samuel Gélinas Lemay dans leurs ateliers.

Avez-vous ouvert votre atelier?

Dimitri Gagnon Morris : Oui! Petit à petit, je me suis équipé pour faire des commandes privées chez moi. En 2017, j’ai pris part à plusieurs foires artisanales, dont une deuxième participation au Salon des métiers d’art de Montréal (j’avais fait Tremplin en 2015); j’ai continué de prendre des commandes privées; j’ai commencé la vente en consignation dans quelques boutiques et la vente en ligne sur mon site web.

Éloïse Boily-Thibeault : Oui! Éloïse Joaillerie est l’entreprise que j’ai fondée en 2015 dans un magnifique studio au Château St-Ambroise, proche du canal Lachine où je peux accueillir mes clients avec des commandes sur mesure, et une section boutique avec mes collections. Mon entreprise est toujours en démarrage, car je crois qu’il faut plusieurs années avant d’atteindre la bonne clientèle, le bon marché et sortir les bons produits. L’expérience vient avec le temps. C’est pourquoi je continue sans cesse à essayer de me dépasser dans le domaine.

Lauriane Lognay : De retour de voyage, diplôme de joaillerie et certificat de gemmologie en poche, je me suis lançée dans l’étude du FGA (Fellowship of the Gemmological Association of Great Britain) pour être officiellement gemmologue. De simple atelier, Rippana a subi un agrandissement et s’est installé au cœur de Montréal dans le 620 Cathcart, et j’ai commencé la vente de pierres de couleur naturelle en plus de la fabrication de bijoux. Rippana Inc. est aujourd’hui l’un des plus grands fournisseurs de pierres de couleur, fines et précieuses pour les bijoutiers et joailliers du Québec. J’écris également des articles dans le magazine Jewellery Business, pour les joailliers et bijoutiers du Canada.

Samuel Gélinas Lemay: Oui! Parallèlement à mon emploi, j’ai démarré mon entreprise : Amour&Haine. J’ai l’avantage de pouvoir profiter de l’équipement, des locaux et de l’expertise des membres de l’équipe de SR2 Technologies. Nous sommes quatre employés avec des compétences diversifiées.

Valérie Kabis : Oui, en finissant le DEC, j’ai fondé mon entreprise : Kavale. Cette dernière remplit plusieurs mandats tels que la création de ses propres collections et de commandes privées, le design et la conception d’alliances, de bagues de finissants, mais également le remodelage et la réparation de bijoux. Un an après la fin du DEC, Kavale a emménagé dans un superbe atelier qui est partagé par trois autres créateurs extraordinaires.

Michelle Kemp : J’ai créé ma propre entreprise en janvier 2017 : Michelle Kemp Joaillière. C’est à l’atelier galerie Arterria, un espace de travail partagé, que je crée et produis mes collections. En plus d’offrir mes bijoux au public, je travaille également pour d’autres joaillières.

 

                                                    Composition d’Éloïse Boily-Thibeault.

Quels sont vos projets à court terme?

Dimitri Gagnon Morris : Dans ma deuxième année du DEC, j’avais commencé en parallèle des études en arts visuels à l’université Concordia. Ces études se poursuivent à temps partiel depuis ce temps-là, sauf qu’en 2017 j’ai pris une année sabbatique pour pouvoir passer plus de temps avec ma conjointe et notre nouveau-né, et aussi pour me consacrer à ma propre entreprise de joaillerie. En 2018 j’ai l’intention de me concentrer davantage sur la vente en consignation et le développement de nouvelles collections.

Éloïse Boily-Thibeault : Cette année, j’ai eu un enfant. Il est très difficile de consacrer autant de temps qu’avant pour mon entreprise tout en m’occupant de ma petite famille. La prochaine étape est donc d’emménager mon studio à la maison pour conjuguer travail/enfant à la maison, et ensuite retourner dans quelques années dans mon studio à Montréal. Mes objectifs sont d’améliorer la vente en ligne, les montures haut de gamme, et d’améliorer encore mes techniques au banc. J’adore vivre de projets, j’adore mon métier et ma petite famille!

Lauriane Lognay : Parmi les objectifs de 2018, je vise l’ouverture du site internet de Rippana afin de faire connaître l’entreprise dans tout le Canada et à l’international!

Samuel Gélinas Lemay : Après plus de trois ans de pratique professionnelle en joaillerie, je suis toujours enthousiaste et désireux d’apprendre de nouvelles techniques. J’ai l’intention de continuer à travailler pour M. Raby et de faire grandir ma petite entreprise.

Valérie Kabis : Bien que Kavale possède déjà son site transactionnel et que ses bijoux soient dans quelques boutiques, les prochains mois seront consacrés à développer de nouveaux marchés. Une nouvelle collection est aussi en route, elle sera bientôt prête à quitter l’atelier !

Michelle Kemp : À plus court terme, j’ai une séance photo planifiée pour la collection Printemps 2018.

                                            Dimitri Gagnon Morris, bague en argent et ambre.

 

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Vous avez aimé cet article? Retrouvez les créations des personnes interrogées sur leurs sites respectifs:

Dimitri Gagnon Morris : www.dimitrigagnonmorris.com

Éloïse Boily-Thibeault : www.eloisejoaillerie.etsy.com

Lauriane Lognay : www.rippanagems.com

Samuel Gélinas Lemay : www.facebook.com/AmourHaine-521710561278245/

Valérie Kabis : www.kavale.ca

Michelle Kemp : www.mkmtl.etsy.com